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APB

lun 06/11/2017

Ces trois lettres, qui désignent « Admission post-bac », le logiciel d’affectation dans l’enseignement supérieur, viennent de connaître leur quart d’heure de gloire (ou plutôt de honte) médiatique. En effet, la disparition prévue d’un système qui n’a pu empêcher le tirage au sort à l’entrée à l’université a retenu l’attention de tous les médias.

Un focus dont on peut se réjouir puisqu’il concerne une bonne partie des 2,5 millions d’étudiants français. Mais qui souligne aussi en creux la pauvreté du traitement médiatique de l’enseignement supérieur le reste de l’année. Combien de confrères et de consœurs ont-ils découvert l’existence de Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, à cette occasion ?

Il s’agit pourtant de l’un des principaux budgets de l’État : plus de 15 milliards d’euros y sont consacrés ; 27,6 milliards si l’on inclut le budget de la recherche.

Au plan local, les universités – et non les « facs » qui n’existent plus depuis mai 68 – font partie des principaux employeurs de leurs territoires. Quant à leur impact économique, il s’avère majeur. La ligue européenne des universités de recherche l’a d’ailleurs chiffré pour trois grandes universités françaises de recherche (dont Strasbourg): chaque euro investi génère 3,81 euros et chaque emploi directement créé induit près de 3,2 emplois.

Dans une période marquée par la défiance à l’égard des pouvoirs et par les « fake news », l’enseignement supérieur est le lieu de production du savoir. Et les chercheurs restent des figures qui inspirent confiance aux Français. Mais les institutions qui les abritent sont des marques faibles, mal connues, peu présentes sur le plan institutionnel et dans le débat public.

Elles sont aussi insuffisamment interrogées par les journalistes sur leurs stratégies, leurs politiques, leurs investissements, leur impact sur la société, la transparence de leurs données, leurs réussites (et leurs échecs) dans l’accompagnement des étudiants, leurs choix en matière de recherche et d’innovation…

L’université (ou la grande école, une autre spécificité française) est un objet journalistique à la fois passionnant et vital pour une démocratie. Défi de communication et défi d’information se rejoignent : il faut donner aux acteurs de l’enseignement supérieur la place qui leur revient dans l’espace public.
Théo HABERBUSCH
Journaliste, directeur associé – News Tank Education

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