40ans

#confiance

lun 08/01/2018

Le club de la presse fête en 2018 ses quarante ans. Le temps d’une carrière.

En octobre 1978, lorsqu’une bande de copains se réunissait pour la première fois à La Ville de Bâle à Strasbourg, la Toile n’existait pas. Le Web sera porté sur les fonts baptismaux en 1990. Google ne dominait pas encore le monde sans partage. Le moteur de recherche sera créé en 1998. Le cofondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, n’était pas né. Personne ne gazouillait en 140 signes. Les cinéastes amateurs maîtrisaient le Super 8 et n’imaginaient pas que Youtube permettra un jour de partager ses films autrement que dans son salon.
On ne parlait pas de « journaliste citoyen », la publicité ciblait la ménagère sans faire de détail, les données personnelles n’intéressaient guère, sinon pour l’établissement d’une carte d’identité ou d’un livret de famille. Cela faisait quatre ans à peine que l’ORTF avait été rayé du décor. Les premières radios libres étaient encore pirates.
Aujourd’hui, quarante ans plus tard, nous sommes tous connectés. Et demain, les objets de notre quotidien le seront aussi. Le smartphone depuis son arrivée sur le marché en 2009 a connu une explosion fulgurante et a supplanté la voiture au panthéon de la société de consommation.
Les journalistes ont dû descendre de leur piédestal, la foule des anonymes leur donne la réplique. La publicité peine à trouver ses nouveaux repères, le papier souffre. Les modèles économiques sont effondrés. « Le numérique, le numérique vous dis-je » !
Et alors ? Le journaliste n’a-t-il plus sa place dans cet espace public à reconstruire, qu’il partage avec le plus grand nombre, qui est aussi un bien commun ? Qui pour consacrer du temps à démonter les vérités alternatives ? Pour tisser du lien social, rendre nos bouleversements intelligibles ?
Qui pour communiquer et donner sens aux décisions des élus ? Pour défendre une marque ou une collectivité ?
Les journalistes et communicants qui composent le Club de la presse –ils sont plus de 800 aujourd’hui- ont un beau défi à relever : réinventer une fois encore leurs métiers. Et pour cela, il faudra parier sur un allié fort : la confiance.
Christian Bach
Président du Club de la Presse

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