Merci Françoise

ven 02/06/2017

Le sourire, l’élégance et une équanimité qui n’a jamais été prise en défaut. Trois mots ne disent évidemment pas tout d’une personne, mais ce sont là trois qualités qui ont fait de Françoise Schöller une précieuse présidente à la tête du Club de la presse Strasbourg Europe, de sa première élection en mars 2013 jusqu’au mois d’avril dernier.

Le flegme n’est pas une forme d’indifférence, il traduit une manière d’aborder les événements, en se donnant en toutes circonstances le temps d’interroger et de réfléchir à ce qui doit être dit et fait.
Car la presse –écrite, audio et audiovisuelle- vit une profonde mutation. Des journalistes ont été pris pour cible à Paris en janvier 2015, enlevés ou jetés en prison ailleurs depuis. Les « vérités alternatives »  viennent désormais encombrer nos écrans ; il arrive qu’elles soient utilisées sans vergogne dans des stratégies de communication.

Défendre la liberté de la presse, décrypter et aider à comprendre les mutations technologiques et sociales à l’œuvre dans le monde de la communication, armer les élèves, les citoyens et les publics les plus fragiles pour qu’ils puissent repérer les informations frelatées qu’on leur sert sur un fil… Ce sont aujourd’hui les missions du Club de la presse, ancré à Strasbourg depuis 1978 et résolument européen.

Avec Françoise, nous avons rendu hommage à la photoreporter Camille Lepage, tuée à 26 ans, en mai 2014, en Centrafrique. Porté le deuil avec tous les autres journalistes après l’attaque de Charlie Hebdo, en janvier 2015. Défendu le journaliste turc Can Dundar qui vit en exil, défendu ses collègues jetés en prison depuis juillet 2016. Aux collégiens et lycéens nous avons essayé d’expliquer d’où vient l’info. Avec Reporters sans frontières, nous avons débattu des liens vitaux qui unissent la liberté de la presse et la démocratie. Grands chantiers.

Et petits ateliers, au club, à l’heure du petit-déjeuner ou de la pause de midi : on y apprend à crypter des échanges, faire bon usage des réseaux sociaux, percer quelques-uns des mystères de l’algorithme de Google, connaître les outils du fact-checking… Ajoutez-y les déjeuner-débats et les rencontres avec les auteurs, souvent des journalistes qui font un pas de côté pour raconter leur métier ou creuser un sujet.

Directrice du club de la presse et cheville ouvrière de tout ce programme, Anka Wessang rappelle parfois que cela fait… deux rendez-vous par semaine, en moyenne. Sans elle et sans Valérie Muller, les deux permanentes, ce ne serait pas possible.

Françoise et Hervé Gaudin, élu et réélu à la vice-présidence ces dernières années, auquel Gaëlle Talbot a succédé, ont accompagné ce mouvement. Le cap est fixé, les défis sont connus. Il faut continuer sur la lancée.

Christian Bach

Président du Club de la presse Strasbourg Europe

christian.bach@dna.fr

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