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Rencontre avec James de Caupenne-Keogh, Journaliste Reporter d’Images

mar 05/12/2017

Rencontre avec James de Caupenne-Keogh, Journaliste Reporter d’Images

Qu’est-ce qu’un Journaliste Reporter d’images (JRI) ?

  • Un métier de terrain, où le journaliste se déplace caméra à l’épaule, micro à la main
  • Réalisation de reportages pour des chaînes télévisées, des agences de presse audiovisuelles ou des agences de production
  • Polyvalent, peut s’occuper à la fois d’images, de sons et de textes

Plus qu’un JRI, James de Caupenne-Keogh, l’invité du Club de la Presse ce lundi 4 décembre, est un reporter de guerre. C’est-à-dire, un journaliste qui couvre essentiellement des zones de conflits.

Son premier reportage de guerre date de 2006 au Liban, à l’âge de 22 ans. Par la suite, il s’est aventuré sur de nombreux champs de bataille, allant de l’est de l’Ukraine, en Syrie, au Soudan du Sud, à la Lybie, à l’Afghanistan ou à l’Iraq.

C’est donc un JRI très expérimenté qui livre son parcours et offre des recommandations.

Comment se préparer pour un voyage en zone de conflit ?

  • Choix de se mettre en danger pour apporter des témoignages, de l’information
  • Bien se préparer sur le chemin à prendre, les contacts sur place
  • Savoir pourquoi on y va, quels sujets on va couvrir, quels sujets ont déjà été couverts
  • Contacter des journalistes déjà partis, partager ensemble fixeurs, contacts sur place

Une fois sur place, comment gérer ?

  • Sur le terrain, beaucoup se fier à son instinct, au « feeling » avec les gens, voir comment les personnes gèrent des situations de stress,
  • Garder à l’esprit qu’une partie de chance est inhérente à comme dit le dicton, « un journaliste qui n’a pas de chance, c’est une faute professionnelle »
  • Faire attention, bien qu’on ne puisse pas s’en prémunir, d’un éventuel choc post-traumatique, très présent, bien que peu parlé chez les JRIs (pas de méthode universelle, mais le fait de communiquer, d’extérioriser son ressenti et ses expériences tend à aider)

Quelle est l’importance des JRIs ? Pourquoi cette profession est-elle indispensable ?

  • Si un un événement n’est pas couvert, il y a toujours le risque qu’on considère qu’il n’ait pas existé. Il est donc crucial de témoigner, d’apporter de la lumière dans les zones d’ombre et de donner la parole à ceux qui ne l’ont pas.
  • Travail essentiel pour les situations post-conflit, dans les tentatives de paix, de justice et de réparations qui suivent, le travail des JRIs est indispensable.

Que faut-il pour être JRI ?

  • Avoir envie, important d’être mentalement présent et de bien connaître ses motivations
  • Logistiquement faisable (avoir prévu assurance, billets, contacts et plans b en cas d’imprévus)

James de Caupenne-Keogh tenait particulièrement à rendre hommage aux ‘fixeurs’, ces personnes, souvent des journalistes, des fonctionnaires ou des étudiants, très débrouillardes, et avec un réseau et un aplomb sans pareil, sans qui aucun reportage ne serait disponible.

Informations complémentaires :

  • Un JRI n’a pas de formation militaire (pour se préparer au terrain de combat), mais l’armée française offre une formation d’une semaine.
  • Certains sujets s’adaptent mieux à la photo, et d’autres à la vidéo, dépendant du contexte (certaines informations ne peuvent pas être retransmises par la photo), mais important de faire les deux en parallèle

 

 

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