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Un compagnon de toute une vie s’en est allé : Francis Baerst

mer 22/02/2017

On s’est connu à la sortie du CUEJ au début des années 70.

Reconnaissez que ça fait une partie non négligeable d’une existence ! On s’est suivi sur les chemins de l’actualité régionale de presse écrite en radio et en télé.
Ça fait donc encore plus!
On s’est lancé dans une aventure folle en 1978 avec quelques compagnons d’inconscience
Le Club de la Presse va avoir 40 ans !

On s‘est retrouvé à la radio pour se moquer de tout et de nous en 1984 et pendant 10 ans.
L’émission satirique « Arrache-moi la Jambe » a presque un quart de siècle ! Le poids des ans ! Le doigt pour les ânes !
On a œuvré pour la « Schnaps Idée » de Roger Siffer de créer une revue satirique bilingue au Théâtre de la Choucrouterie pendant 20 ans.
Le poids des mots! Et des maux!
On a déconné dans une pièce qu’il avait écrite et que j’ai joué en 1987 « A vot’Bunker » Jeux de mots d’il y a 30 ans !
Et pendant 30 ans encore on a continué. On se fait vieux décidemment !

Je pourrais vous parler encore de la revue satirique du Club de la presse « Press’Kopf » (c’est lui qui a dû trouver le titre !)
Je pourrais aussi vous parler de nos escapades en Pologne, dans les Vosges et ailleurs. Avec à chaque fois une surprise au détour d’un chemin creux.
Et de tous ces souvenirs qui jalonnent une existence où les plaisirs communs, les intérêts partagés l’emportent sur les engueulades et les divergences de vue.

Toute une vie, je vous dis !
Mais aujourd’hui j’ai surtout envie de vous parler d’un être sensible qui exprimait ses doutes par des colères parfois, par des pirouettes souvent.
D’un mec genre bourru et têtu, d’un Alsacien donc ! Profondément attaché à sa terre et à sa culture.
D’un type qui s’est retrouvé à la dérive quand il a quitté le navire « France Télévisions », sa deuxième famille.
D’un bon vivant qui n’a pas voulu partager sa mort ! Un choix qui lui correspond parfaitement, mais qui a laissé ses amis désemparés.
Et comme un dernier pied de nez, il a décidé de se transformer en cendres et de les éparpiller quelque part à Obermodern pour qu’on ne puisse pas le retrouver !

T’es vraiment un salaud, Francis ! Mais c’est comme ça que je t’aimais.

Gilles Chavanel

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