Christophe va bien.
C’est, après chaque visite, ce qu’il nous revient dans notre boucle whatsapp qui réunit la famille, les collègues, les amis et tous ceux qui travaillent à sa libération. Et c’est déjà ça. Il est bien traité comme on dit, une manière de dire que ses conditions d’incarcération ne sont pas inhumaines. On sait que la lecture lui manque – peut-être parce qu’il lit trop vite les livres qu’on lui envoie, pour ceux qui arrivent à passer à travers les gouttes les gouttes de la censure. Mais après un an de contrôle judiciaire et presque une année d’incarcération, cela ne suffit pas à faire oublier la situation ubuesque dans laquelle il est plongé, la peine, le manque qui nous rappelle tous les jours l’injustice de sa situation.
Aucun autre journaliste français n’est emprisonné pour avoir fait son travail. Aucun journaliste français n’a été condamné à sept ans de prison pour avoir fait son travail. Christophe n’a jamais fait l’apologie du terrorisme – ce qui a justifié les poursuites et son procès – dans un pays qu’il aimait profondément et qu’il continue d’aimer.
Christophe est au cœur d’enjeux qui le (nous) dépasse, nous le savons depuis le début de ce sinistre enchaînement qui a abouti à sa lourde condamnation confirmée en appel en décembre dernier. A l’injustice se mêle l’impuissance et la sensation que son statut, celui d’un journaliste qui écrit sur le football n’a pas le même poids – au hasard – qu’un écrivain dès qu’il s’agit de mobiliser l’opinion.
En dehors du soutien du petit monde du football et des confrères qui rappellent tous les jours que sa place n’est pas en prison, nous nous sommes souvent sentis seuls. Un journaliste – peu importe sa nationalité – ne devrait pas dormir en prison. Et chacun devrait se sentir concerné par ce recul de la liberté d’exercer ce métier en toute honnêteté comme Christophe l’a toujours pratiqué.
Joachim Barbier
Journaliste Reporter
SoFoot – Society
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