Le Club de la presse Strasbourg Europe compte aujourd’hui près de 600 membres, représentant au moins dix nationalités. De la Grèce à l’Irlande, en passant par la Pologne, la Finlande ou encore l’Italie. Mais aussi la Grande Bretagne, la Turquie et le Maroc. Cette diversité fait la richesse de notre réseau.

À travers une série de portraits pour mettre en lumière la diversité des membres du Club à l’échelle transfrontalière, mais aussi les media de leur pays, nous vous emmenons à la rencontre de celles et ceux, qui font rayonner le Club en Allemagne, en Suisse, en Belgique et au Luxembourg :

 

Portrait 4

Thibaut Mochel
Smart Media Agency, Suisse
thibaut.mochel@smartmediaagency.ch

Pouvez-vous vous présenter brièvement et nous résumer votre parcours ?

Après des études à l’ISEG Strasbourg, où j’ai obtenu un Master en management international avec une spécialisation en marketing, j’ai cofondé Hemisphère Web avec un ami de promotion, François Kirmann. L’agence, spécialisée en SEO et SEA, est d’ailleurs toujours active à Strasbourg et reconnue comme experte dans ce domaine.

Nous étions au tout début de l’essor des réseaux sociaux, notamment Facebook. Nous accompagnions nos clients dans leur communication digitale, mais nous animions aussi des formations au community management auprès d’acteurs comme le Conseil Général du Bas-Rhin ou encore Rue89 Strasbourg.

Avec le recul, cette première aventure entrepreneuriale a été une formidable école. Elle m’a appris à vendre, à gérer une entreprise, à travailler avec des clients très différents et, surtout, à m’adapter rapidement.

Qu’est-ce qui vous a amené à franchir le Rhin ?

J’avais envie de découvrir autre chose. À cette période, les opportunités professionnelles en France ne correspondaient pas vraiment à ce que je recherchais.

J’avais également passé six mois à New York durant mes études. Cette expérience m’avait déjà fait prendre conscience que la manière d’aborder le travail en France ne me correspondait pas totalement.

En arrivant en Suisse, ce sentiment s’est confirmé. J’y ai trouvé un environnement où le mérite est davantage reconnu, où l’évolution peut être très rapide quand les résultats sont là et où les organisations sont souvent moins cloisonnées. C’est quelque chose qui m’a tout de suite parlé.

Quel est votre rôle exact aujourd’hui ?

Je suis Head of Sales de notre agence de Bâle, que l’on peut traduire par directeur commercial.

Comme nous sommes une agence d’une vingtaine de collaborateurs, mon rôle est assez transversal. Je participe au recrutement et à la formation des chefs de projet, je développe de nouveaux partenariats avec des groupes de presse en Suisse et en France, et je veille bien sûr au succès commercial des publications que nous réalisons.

Quelle est la langue de travail au quotidien ?

Le français occupe une place importante puisque notre bureau de Bâle est en charge des projets publiés en Suisse romande et en France.

Mais j’utilise aussi beaucoup l’anglais au quotidien, car nous travaillons en permanence avec notre bureau de Zurich ainsi qu’avec notre maison-mère suédoise et les autres agences européennes du groupe Contentway, à Amsterdam, Copenhague ou Hambourg.

Et puis, forcément, après plusieurs années en Suisse, je me débrouille aussi un peu en suisse allemand, même si je suis loin d’être bilingue !

Pensez-vous que votre regard « français » est un avantage dans votre travail ? Si oui, comment se manifeste-t-il ?

Oui, sans hésiter.

Autant je me sens aujourd’hui très à l’aise dans la culture professionnelle suisse, autant je pense que mon éducation française m’a apporté un vrai esprit critique.

En Suisse, la recherche du consensus est très présente. C’est souvent une qualité, mais elle peut parfois ralentir les décisions ou éviter certains sujets sensibles. En bon Français, je n’ai aucun mal à dire quand quelque chose ne fonctionne pas ou à exprimer un désaccord… tant que c’est fait de manière constructive.

C’est d’ailleurs une remarque que me font régulièrement mes collègues suisses et suédois. Ils disent souvent que c’est très français de mettre le doigt sur les sujets qui dérangent mais qu’il est nécessaire d’aborder pour avancer.

Je pense aussi que la culture générale, la littérature et la place qu’occupent les médias dans le système éducatif français m’ont beaucoup servi dans mon parcours, surtout dans un secteur comme le mien.

Y a-t-il un « code » ou une habitude dans le travail de vos collègues d’autres pays qui vous a surpris au début ?

Le fait qu’en Suisse une réunion s’appelle une « séance » m’a longtemps fait sourire !

Plus sérieusement, ce qui m’a le plus marqué, c’est l’accessibilité du management. Les hiérarchies sont beaucoup plus plates qu’en France. Il est tout à fait naturel d’échanger directement avec la direction, quel que soit son poste. Cela rend les entreprises plus agiles et les décisions souvent plus rapides.

Selon vous, quelle est la plus grosse différence entre les médias français et allemands ou suisses ?

Je dirais que la principale différence réside dans la relation de confiance avec les lecteurs.

En Suisse et en Allemagne, la presse régionale reste extrêmement forte. Les lecteurs acceptent plus facilement de payer pour une information de qualité, ce qui permet aux médias de s’appuyer davantage sur les abonnements et donc d’être moins dépendants de la publicité.

En France, le marché est plus centralisé autour de quelques grands médias nationaux. La dépendance historique aux revenus publicitaires y a été plus forte, ce qui a rendu la transition numérique plus difficile lorsque les plateformes comme Google ou Meta ont capté une grande partie du marché.

J’ai aussi le sentiment que les médias suisses et allemands laissent davantage de place aux analyses, aux enquêtes et aux formats longs. Ils cherchent moins systématiquement à produire de l’actualité en continu.

Pouvez-vous nous recommander 4 ou 5 nouveaux médias allemands ou suisses ?

Je citerais plusieurs acteurs que je trouve particulièrement intéressants.

Republik, en Suisse, est probablement l’un des meilleurs exemples européens d’un média financé essentiellement par ses abonnés, avec un vrai travail d’investigation.

The Pioneer, en Allemagne, est très innovant dans sa manière de mélanger information économique, newsletters, podcasts et événements.

Watson Suisse a réussi à créer une vraie audience auprès des jeunes avec des formats très adaptés au digital.

Bajour, à Bâle, montre qu’il est encore possible de développer un média local indépendant grâce à une forte proximité avec sa communauté.

Enfin, je citerais Le Temps. Ce n’est évidemment pas un nouveau média, mais je trouve très intéressant qu’il ait récemment lancé une édition destinée au public français, avec un regard suisse sur l’actualité internationale.

Je pense que cela dit beaucoup de l’évolution du secteur. Si un média suisse estime qu’il existe une place en France pour cette approche éditoriale, c’est qu’il y a encore énormément de possibilités d’innovation, à condition de continuer à se réinventer.

Est-ce que les médias allemands et suisses sont eux aussi confrontés à la dépendance aux GAFAM et à l’effondrement des revenus publicitaires ? Quels moyens sont mis en œuvre pour y remédier ?

Oui, exactement comme partout ailleurs en Europe.

Google, Meta ou Amazon captent aujourd’hui une grande partie de la croissance des investissements publicitaires numériques. Les éditeurs traditionnels sont donc confrontés aux mêmes difficultés que les médias français.

La différence, c’est que beaucoup de groupes suisses et allemands ont amorcé leur transformation plus tôt.

Ils misent davantage sur les abonnements numériques, développent de nouvelles sources de revenus grâce aux événements, aux podcasts ou aux conférences, et investissent beaucoup dans la connaissance de leurs audiences grâce aux données first-party.

Ils développent également le branded content, qui permet aux entreprises de communiquer au travers de contenus éditoriaux de qualité. C’est précisément le cœur de notre métier chez Smart Media.

Je terminerai avec une anecdote qui illustre bien l’évolution du secteur.

Quand j’ai rejoint Smart Media il y a quelques années, nous devions aller convaincre les groupes de presse de travailler avec nous. Il fallait expliquer ce qu’était le content marketing, présenter notre approche des suppléments thématiques et démontrer la valeur que cela pouvait leur apporter.

Aujourd’hui, la situation s’est largement inversée. Ce sont de plus en plus les médias eux-mêmes qui viennent nous voir parce qu’ils cherchent à diversifier leurs revenus. Je trouve que cela résume assez bien la transformation que connaît actuellement la presse.

« Smart Media Agency est une agence de marketing de contenu dynamique, jeune et en pleine croissance. Nous développons, produisons et publions des campagnes thématiques dans la presse et en ligne dans quatre pays européens. Nous vivons le marketing de contenu et sommes animés par un esprit jeune, ambitieux et entrepreneurial. Nous avons un objectif commun : façonner l’avenir du marketing de contenu.

Les plus grandes entreprises d’Europe partagent leurs histoires et leurs contenus via les plateformes de Smart Media. Nos solutions de contenu sur mesure leur permettent d’entrer en contact avec leur public et d’en tirer profit. Nous inspirons nos clients pour qu’ils inspirent leurs clients.

Ensemble, tout le monde en fait plus. C’est notre conviction chez Smart Media. Notre histoire commence avec les personnes qui travaillent chez Smart Media – car sans elles, nous ne serions pas là où nous sommes aujourd’hui. Grâce à des dirigeants forts, nous pouvons être encore meilleurs et plus innovants ensemble. Nous façonnons l’avenir du marketing de contenu – ensemble. »

Tous les articles de la série Membres frontaliers

06/07 Sandra Schmidt, Allemagne
15/07 Véronique Barondeau, Allemagne
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31/08 Thibaut Mochel, Suisse
07/09 Elphège Tignel, Allemagne
14/09 Andrew Cutting, Belgique

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