Quelles sont les vertus et les vices des intelligences artificielles génératives dans le domaine du journalisme et de la production de contenus ? C’est le sondage lancé par Samsa auprès de ses contacts, et auquel une cinquantaine de journalistes a répondu.

Voici ses points de vue (cet exercice n’a pas de caractère scientifique mais permet un éclairage) :

 

83,7 % des répondants ont déjà mis les mains dans le cambouis des IA et testé des outils d’intelligence artificielle comme ChatGPT, DALL-E ou Midjourney :

67,3 % Traduire des contenus depuis des langues étrangères
67,3 % Transcrire des interviews audio ou vidéo
63,3 % Rédiger des synthèses de documents volumineux pour préparer des articles
51% Trouver des idées de sujets ou d’angles
42,9 % Corriger des articles
38,8 % Chercher des infos en ligne
38,8 % Créer des illustrations fixes ou animées
38,8 % Optimiser les horaires de publication
20, 4 % Rédiger des articles
16,3 % Autre

98% pensent que ces outils sont exploitables par les journalistes et voici dans quels domaines :

Parmi les raisons qui pourraient pousser les journalistes à s’emparer de ces outils, vous parlez de “permettre aux journalistes de se concentrer sur l’essentiel”, de “gagner du temps sur les tâches répétitives, notamment en datajournalisme”, d’être plus efficace “dans le travail de recherche et dans l’élaboration du plan d’un article”, pour “exploiter les sujets potentiels dans un domaine complexe”, pour “identifier le discours dominant sur un sujet”, pour “brainstormer et trouver des titres”. pour “faire émerger des liens entre des infos”. pour “personnaliser les contenus”, etc.

Parmi les risques identifiés, il y a :

  • la déshumanisation de l’écriture qui pourrait accompagner le remplacement des journalistes par des IA

  • le trop-plein d’infos et de fake news

  • les erreurs, les biais, la distorsion de vérité.

  • l’affaiblissement de l’esprit critique, l’uniformisation du ton, l’appauvrissement du vocabulaire

  • la démultiplication du plagiat (“se faire voler son travail par une IA”, redoute une pigiste)

  • la paresse intellectuelle

  • la perte de confiance, car absence de traçabilité.

L’un des répondants écrit : “Il faut savoir s’en servir (et donc apprendre, comme pour tout outil) et il faut le considérer comme un outil d’appoint et non comme de la main d’œuvre !”

C’est bien la voie dans laquelle nous souhaitons nous engager chez Samsa faire de l’IA un outil au service d’un meilleur journalisme et non pas un outil de remplacement des journalistes. Nous travaillons sur ces questions afin que notre catalogue de formation évolue au fil des nouveaux usages et besoins.

Philippe Couve
Directeur de Samsa.fr et Samsa Africa
couve@samsa.fr

 

X