Il y a, dans le Levant, une région dont on entend peu parler : le djebel druze, dans le sud-ouest de la Syrie, où vivent principalement… des Druzes, une communauté religieuse dissidente de l’islam chiite. C’est une zone montagneuse, difficile d’accès.

Il y a un peu plus d’un an, près de 2000 Druzes étaient massacrés par une coalition constituée par des Bédouins et des forces gouvernementales. Un massacre documenté, par Amnesty international notamment.

Mon camarade caméraman Thomas Vollherbst et moi-même sommes allés tourner à Soueida, fief des Druzes, qui vivent désormais séparés du reste de la Syrie, et qui ne veulent plus rien à voir avec le gouvernement d’Ahmed al Charaa. Des témoignages poignants.

Un reportage compliqué aussi, dans une ville régulièrement bombardée par les Bédouins qui encerclent toujours la ville. Désormais, les habitants de Soueida vivent isolés du reste du monde, même si quelques bus arrivent encore à traverser les checks points des forces gouvernementales, situés à proximité de la ville.

Bien-sûr, les conflits territoriaux qui opposent Druzes et Bédouins depuis des siècles restent complexes. D’autant que les affrontements récents, sont souvent liés au trafic d’armes et à l’économie parallèle. Personne n’est innocent dans cette histoire. Mais rien ne justifie un massacre de 2000 personnes, des civils en majorité.

L’actuel président syrien, Ahmed al Charaa, ancien d’Al Nosra (branche d’Al Qaïda en Syrie), affirme avoir lancé une enquête sur le massacre, mais rien ne bouge.

Désormais, les Druzes de Syrie rêvent d’une indépendance, reconnue par la communauté internationale. Un partenariat aussi, avec le voisin israélien.

Un rêve semé d’embuches, dans un pays en pleine reconstruction.
La guerre des Druzes a toujours lieu. N’oublions pas les Druzes.


David Arnold
Journaliste – reporter
ARTE
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