La première rencontre régionale de la communication publique était proposée par l’Université de Strasbourg et l’Eurométropole de Strasbourg, le 4 juin au Palais U de Strasbourg.
Thème « Ce que l’IA générative fait à la communication publique » avec le soutien de Communication publique et de Cap’Com.
Assaël Adary, co-auteur de la 10ᵉ édition du Communicator et directeur général d’Occurence-IFOP était l’invité de la conférence d’ouverture.
Ce qu’il faut retenir de son intervention :
La communication publique fait face à 6 enjeux principaux :
1. L’accès
L’enjeu n’est pas seulement de diffuser l’information, mais de garantir son accessibilité et son intelligibilité. L’IA doit être un levier de simplification pour traduire le jargon administratif en un langage clair, permettant à chaque citoyen de comprendre l’action publique. La fonction « langage clair » de l’IA (souvent appelée Plain Language ou vulgarisation automatique) consiste à traduire des textes complexes, techniques, juridiques ou jargonesques en un langage simple, direct et accessible à tous, sans pour autant en altérer le sens d’origine.
2. L’attention
Dans un espace saturé par « l’emprise du flux » (Fabrice Fries), capter l’attention est une bataille. Le défi est immense car le faux se propage plus vite et plus profondément que le vrai. La communication publique doit émerger face aux algorithmes qui favorisent le sensationnalisme.
3. La crédibilité
La confiance est le capital le plus précieux de l’institution. Face au risque de deepfakes et de manipulations, préserver et renforcer la réputation publique est d’une importance cruciale (+++). La transparence sur l’usage de l’IA est la condition sine qua non de cette crédibilité.
4. Le temps
L’IA bouscule les temporalités de l’action publique. L’enjeu est de concilier la gestion du temps court (l’immédiateté des réseaux sociaux, la réaction aux crises) avec le déploiement de projets longs (les politiques publiques, la réflexion stratégique), sans que l’urgence n’étouffe le fond.
5. La responsabilité
L’institution publique reste légalement et moralement comptable de ses contenus. L’utilisation de l’IA implique une responsabilité totale sur les biais algorithmiques, la protection des données des citoyens et la vérification systématique des faits par un humain.
6. L’éthique de l’IA
L’IA doit servir à faire moins mais mieux, et non à massifier la production de contenus standardisés au risque de saturer l’espace public.
Le danger absolu : Que l’IA ne devienne le principal Key Opinion Leader (leader d’opinion majeur), confiant la fabrication de l’opinion publique à des machines plutôt qu’au débat citoyen.
Anka Wessang




