Le 23 juin 2026, Marc Bloch entre au Panthéon.
Historien, résistant, combattant lors des deux guerres mondiales, et professeur à l’université de Strasbourg de 1921 à 1936, Marc Bloch a aussi été un précurseur des « fake news ».
Rédigé en 1921 son essai : « Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre » analyse la manière dont se propagent les rumeurs en temps de guerre, mais aussi la façon dont ces dernières sont créées et exploitées par la suite.
« Les fausses nouvelles (…) ont rempli la vie de l’humanité. Comment naissent-elles ? De quels éléments tirent-elles leur substance ? Comment se propagent-elles, gagnant en ampleur à mesure qu’elles passent de bouche en bouche ou d’écrit en écrit ? (…) »
Marc Bloch s’intéresse davantage à la propagation du mensonge qu’à sa fabrication. Et il l’explique par… le désir d’y croire. La fausse nouvelle, écrit-il « ne se propage, ne s’amplifie, ne vit enfin qu’à une condition : trouver dans la société où elle se répand un bouillon de culture favorable. En elle inconsciemment, les hommes expriment leurs préjugés, leurs haines, leurs craintes, toutes leurs émotions fortes ». « La fausse nouvelle est le miroir où la conscience collective contemple ses propres traits ».
L’entrée au Panthéon de Marc Bloch doit ainsi nous rappeler à la vigilance quant à la véracité des informations qui nous sont fournies.
Adèle Zhang Eder
stagiaire
© Détail de la couverture du livre Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre éd. Allia




