Le Club de la presse Strasbourg Europe compte aujourd’hui près de 600 membres, représentant au moins dix nationalités. De la Grèce à l’Irlande, en passant par la Pologne, la Finlande ou encore l’Italie. Mais aussi la Grande Bretagne, la Turquie et le Maroc. Cette diversité fait la richesse de notre réseau.
À travers une série de portraits à l’échelle transfrontalière, nous vous emmenons à la rencontre de membres, qui font rayonner le Club en Allemagne, en Suisse, en Belgique et au Luxembourg.
Portrait 2/7
Véronique Barondeau
ARTE, Bureau de Berlin, Allemagne
veronique.barondeau@arte.tv
Après des études d’histoire, de cinéma et de journalisme à l’université de Strasbourg, ainsi qu’une formation de Journaliste Reporter d’Images au CUEJ, j’ai travaillé comme free-lance à la caméra pour différentes stations régionales de France 3, pour France 2, pour ARTE, pour M6 Nancy et d’autres productions. Parallèlement j’ai gardé une activité de journaliste rédactrice à la fois pour France3, les journaux d’ARTE, mais aussi pour des radios locales et la presse écrite. Cette période de piges s’est étalée sur plus de 10 ans et a été riche en expériences. J’ai eu l’occasion de faire une première expérience de correspondance au bureau de Berlin d’ARTE en 2003. Après quelques années, j’ai rejoint la rédaction centrale à Strasbourg où j’ai continué à travailler en temps que journaliste reporter. Puis j’ai eu envie de me consacrer pleinement au reportage et j’ai saisi l’occasion de postuler un poste de correspondant qui s’était ouvert à Berlin. Une expérience où j’ai eu l’occasion d’effectuer de nombreux reportages en Allemagne mais aussi en Pologne, en Hongrie, en Suède, au Danemark et dans les pays baltes. Depuis 2024, j’ai pris la responsabilité du bureau de la correspondance de Berlin.
Qu’est-ce qui vous a amené à franchir le Rhin ?
Tout d’abord l’envie de vivre ailleurs, d’être confronté à une autre langue et à une autre culture. De m’enrichir personnellement et professionnellement. Et d’apprendre à connaitre ce grand pays voisin qu’est l’Allemagne. Le projet franco-allemand, et par extension le projet européen, me tient particulièrement à cœur.
J’ai la charge du bureau de la correspondance de Berlin, nous couvrons principalement l’actualité allemande mais cela nous arrive aussi de nous rendre dans les pays limitrophes. Nous fournissons des reportages à la rédaction d’ARTE JOURNAL mais aussi des desks, des formats web ou réseaux sociaux pour les autres formats de l’information d’arte.
Au départ, malgré une langue étudiée à l’école, mon niveau n’était clairement pas bon. Au fur et à mesure, il s’est amélioré et aujourd’hui, je suis bilingue. Au quotidien, j’alterne entre l’allemand et le français, quelquefois l’anglais.
Absolument. Il me permet de voir les choses avec un prisme plus large, d’aborder des sujets avec des angles européens, mais aussi d’avoir un peu de hauteur par rapport à une actualité « nationale ».
Pour les Allemands, la ponctualité est une règle d’or, le respect strict des lois et des règles est central alors que pour les Français, ces choses-là ont plutôt une valeur indicative. Négocier, s’adapter aux imprévus, voir improviser peut-être vécu comme insécurisant pour nos voisins germains. Ils préfèrent quand les choses sont organisés à l’avance.
Les grands médias allemands relatent avec beaucoup de précisions les débats politiques, il y a beaucoup d’analyses et de commentaires. Tandis que les grands médias français accordent une place plus grande aux reportages, à la proximité avec le public.
Comme partout, le monde médiatique traditionnel doit s’adapter aux nouvelles tendances de consommation de l’information. Certains comme la Süddeutsche Zeitung ont développé des podcasts vraiment passionnants.
Je citerais aussi Quarks.de qui fait de la vulgarisation scientifique sous la houlette de la WDR – aussi avec un format Instagram.
Je garderais également un œil sur la Ostdeutsche Allgemeine Zeitung qui oriente sa ligne éditoriale sur une ex-Allemagne de l’est qui se sent lésée pour repérer ce qu’il se passe dans ce coin du pays.
Et enfin, je citerais Rosa mag qui s’adresse spécifiquement à une tranche de la population souvent invisibilisée dans les médias traditionnels : les femmes noires.Coté radio : Deutschland Funk reste incontournable.
L’organisation des médias publics est fortement régionalisée, historiquement ce système a été instauré par les alliés pour rompre avec le système nazi et la propagande d’Etat. Depuis 2022, les chaînes publiques allemandes (ARD, ZDF, etc.) traversent une crise majeure depuis les révélations de scandales internes. Pour répondre aux critiques et moderniser le paysage audiovisuel, les 16 Länders allemands ont lancé une réforme. Celle-ci s’est traduite par une restructuration qui prévoit la suppression de 3 chaines de télévision (ARD alpha, taggesschau24, et ONE) ainsi que d’une vingtaine de radios d’ici fin 2026. Le financement de l’audiovisuel public est un sujet sensible où chaque foyer doit contribuer à hauteur de 18,36 euros par mois, ce qui en fait l’une des redevances les plus élevées d’Europe. A titre de comparaison, l’audiovisuel public allemand, c’est un budget d’environ 10 milliards d’euros contre 4 milliards pour l’audiovisuel français.
le siège social ARTE GEIE à Strasbourg et deux pôles d’édition et de production : ARTE France à Paris et ARTE Deutschland TV GmbH à Baden-Baden.
Située à Strasbourg, ARTE GEIE est chargée de la conception générale des programmes, de la diffusion et du traitement multilingue des programmes. Elle produit également 20 % des programmes, dont les programmes d’information, les coproductions avec les partenaires européens et les interprogrammes. Elle coordonne également la communication de la Chaîne et gère les relations avec les partenaires européens. Elle est financée à parité par ARTE France et ARTE Deutschland qui fournissent à parts égales la majorité des programmes et sont représentés au sein des instances de décision.
Le Bureau de la correspondance d’ARTE de Berlin est rattaché à la Direction de l’information située au siège, à Strasbourg.
Articles de la série Focus Membre
06/07 Sandra Schmidt, Agentur für Arbeit, Allemagne
15/07 Véronique Barondeau, ARTE, Bureau de Berlin, Allemagne
24/08 Aude Forestier, Ecorama Luxembourg
31/08 Thibaut Mochel, Smart Media Agency, Bâle, Suisse
07/09 Elphège Tignel, Centre Européen de la Consommation, Kehl, Allemagne
etc.




