Un édito pour la rentrée, à priori ça fleure bon les fournitures scolaires, les souvenirs de vacances, les inscriptions au cours de danse ou de yoga, les bonnes résolutions, mais en période de Covid, tout cela est devenu tellement aléatoire…

Et surtout, au moment où j’écris cet édito, le passe sanitaire, la vaccination ,les manifestations des opposants au passe sanitaire, la troisième ou quatrième vague, tout ce qui rythmait notre quotidien, a été brutalement relativisé par la chute de Kaboul, le retour des talibans et l’effacement des femmes afghanes. Un effacement symbolisé par une image, celle d’une affiche d’une jeune afghane, resplendissante, cheveux en cascade sur ses épaules nues, qui disparaît progressivement sous les rouleaux de peinture d’un taliban. En une image, tout est dit malgré les propos qui se veulent rassurants, des nouveaux maîtres de l’Afghanistan.

Et que dire des femmes journalistes ? Khadija Amin était journaliste-vedette à la télévision afghane. Elle a été remplacée du jour au lendemain par un barbu enturbanné. Selon Reporter sans Frontières, le nouveau pouvoir à Kaboul impose d’ores et déjà des contraintes très dures sur les rédactions, même si elles ne sont pas officielles. Les menaces sont devenues quotidiennes pour les chaînes privées afghanes qui diffusent encore dans la capitale. «  En une semaine, les talibans ont battu 5 journalistes et cadreurs de notre chaîne, explique un producteur d’une chaîne privée nationale, ils contrôlent tout ce que nous diffusons. »

Au-delà de l’indignation légitime et bien-pensante, nous avons non seulement un devoir moral mais également l’obligation d’accueillir et de protéger les afghans et afghanes menacés de persécution, et ce conformément à la Convention de Genève de 1951. Strasbourg, fidèle à sa tradition humaniste va accueillir pendant quelques semaines, 150 afghans exfiltrés par la France.

C’est bien le moins que nous puissions faire….

Christine Boos
Présidente du Club de la presse Strasbourg Europe

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