La fusion des cultures est un moteur de régénération de la mode qui a transformé un secteur autrefois cloisonné et eurocentré en un langage universel et hybride.
Issue d’un subtil métissage outremarin et alsacien, Titaina Perrier est née à Papeete, a grandi en Martinique et vit à Strasbourg.
Il y a un an, elle a l’idée de créer un media mode en Alsace. Son objectif est de mener un projet à la mesure de sa passion et de sa créativité et combler un manque : si la mode est omniprésente dans les media nationaux et internationaux, elle est peu visible en région.
Parce que le mot évoque une matière, une tradition bien ancrée, et parce que « l’Alsace a du style », elle choisit de nommer son media : Kelsch (voir ci-dessous*).
Titaina Perrier voit loin et mise sur la complémentarité des compétences et l’émulation créatrice. C’est pourquoi, elle s’est entourée de Paul Tautuu, consultant mode et luxe – Fiona Wagner, archiviste de mode – Lisa Fischbarch, graphiste et Florian Schotter, vidéaste pour mener à bien son projet.
Lancé fin 2025, Kelsch est présent sur Instagram et TikTok. A partir de mars 2026, le media publiera des articles sur Pokaa qui enrichit ainsi son offre et crée (encore) la nouveauté. En 6 mois d’existence, Kelsch cumule 5k followers, avec un référencement uniquement organique. A ce jour, le modèle économique repose sur des formats sponsorisables.
La ligne éditoriale se veut locale et éthique et se construit sur la valorisation de
L’histoire : la saga du strass, Thierry Mugler, Alsace terre de textile, etc.
L’humain : celles et ceux qui portent le style, avec un regard inclusif et ouvert à la diversité – loin du snobisme et de l’élitisme parfois inhérent au monde de la mode.
Le savoir-faire : les créateurs et créatrices qui sont en place, mais aussi en devenir.
Également au sommaire une mise en avant des commerçants.
Et, parce que la mode est aussi l’affirmation de sa personnalité et son humeur, Kelsch se veut la vitrine de toutes les expressions. Avec un vrai questionnement pour l’équilibrage des représentations homme et femme.
En véritable passionnée de mode, Titaina Perrier sait que la mode et les magazines papier forment un duo indissociable. Cette alliance offre une crédibilité et une attention visuelle que le flux numérique ne peut pas égaler. C’est d’ailleurs avec des codes print que Titaina a conçu sa charte graphique et ambitionne de créer un projet papier avant fin 2026. A suivre donc !
Les inspirations de Titaina Perrier :
• La photographe Elizaveta Porodina « Elle a su casser le côté lisse de la mode, son style est unique, et elle a réussi à se faire un nom. En tant que femme photographe, et femme photographe dans le milieu de la mode ».
• La Maison Margiela, maison de haute couture française, anticonformiste
• Issey Miyake, créateur de mode japonais
Pour suivre Kelsch sur les réseaux : @kelsch.mag
AW
________________________________________________________
*L’Alsace est historiquement l’un des grands pôles textiles d’Europe. Cette tradition a façonné le paysage, l’économie et même l’architecture de la région. Les piliers de cet héritage sont :
Le kelsch, le tissu emblématique de la région. Une toile de lin, de métis ou de coton, reconnaissable à son motif à carreaux. Traditionnellement utilisé pour la literie. Le motif dépendait souvent de la religion : le bleu était plutôt associé aux protestants et le rouge aux catholiques.
Au XVIIIe siècle, Mulhouse était une cité industrielle de premier plan grâce à l’impression sur étoffes, avec notamment la fabrication des « Indiennes », des tissus de coton imprimés et colorés très prisés à l’époque. Mais aussi grâce aux innovations des industriels mulhousiens (comme la famille Dollfus-Mieg, créatrice de DMC) qui ont révolutionné les techniques de tissage et de coloration.
Les vallées de Saint-Amarin et de Thann. Ces vallées alsaciennes étaient autrefois le cœur battant des usines de tissage et de filature (jusqu’à 150 manufactures textiles au XIXe.). L’eau des rivières était essentielle pour le lavage et le traitement des tissus. Aujourd’hui, le savoir-faire perdure à travers des entreprises de luxe et de textile technique. Mais aussi des créateurs et créatrices qui ont à cœur de maintenir vivante la flamme de cette tradition.




