« En une période où la communication a envahi tous les domaines de la vie humaine, la maîtrise du langage est la seule arme [des journalistes] pour ne pas adopter les mots des communicants et, donc, se faire les relais de leur propagande. »

Cette phrase, extraite d’un dossier consacré aux coulisses des media paru récemment dans Marianne, m’a profondément questionnée. En tant qu’ex-journaliste devenue attachée de presse, je n’ai pourtant pas le sentiment d’avoir vendue mon âme au diable… Ni d’y avoir perdu mes valeurs, qui m’ont fait exercer ce métier pendant une dizaine d’année !

A l’heure des réseaux sociaux, de l’émergence galopante des intelligences artificielles ou encore de l’uniformisation tant décriée de l’information, je partage la nécessité et l’exigence de préserver et cultiver son sens critique. Ce sens critique ne fait cependant pas défaut aux communicants. En tout cas pas à la plupart des attachés de presse.

Avant de passer de l’autre côté de la barrière, j’ai pu apprécier le service rendu aux journalistes dans la détection d’informations et le gain de temps inhérent dans la mise en relation et la collecte des documents nécessaires à la réalisation d’un article ou reportage. Je n’ai jamais eu le sentiment de me faire forcer la main ou orienter dans mes angles.

Depuis que j’ai embrassé cette profession de communicante, je poursuis cet objectif partenarial avec les media. Et je découvre une autre facette du métier peut-être insoupçonnée. La relation commerciale avec nos clients biaise, sans doute par certains aspects, l’objectivité et l’impartialité qui guide le travail d’un journaliste. Cependant, l’attaché de presse n’est pas là pour « servir la soupe » aux journalistes en « enrobant le chocolat dans du papier alu ».

Son rôle est d’identifier avec le client les sujets susceptibles d’intéresser les media. De barrer la route à des actualités promotionnelles ou commerciales. De mettre en perspective en s’appuyant sur des données chiffrées, vérifiées, les actualités poussées. Et de contacter les journalistes à bon escient par un travail de ciblage fin.

Nous ne sommes pas les vassaux des entreprises. Bien au contraire, notre métier s’apparente bien plus à celui de garde-fou des media, dans le sens où une grande partie du temps est consacré à faire mieux connaitre le fonctionnement des media et les attentes des journalistes à nos clients.

En un sens, tout comme il est fondamental de soutenir et préserver l’éthique, l’indépendance et la qualité d’écriture du journaliste, il me semble fondamental que subsistent des communicants formés et avertis, qui utilisent le langage… à bon escient !

 

Adelise FOUCAULT
Développeur de réputatiion
Agence NOIIZY
adelise@noiizy.com

 

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